SŒUR EMMANUELLE, RELIGIEUSE DE NOTRE-DAME DE SION – L’amour pour Dieu, l’amour pour Marie


Qui était Sœur Emmanuelle, célèbre pour son activité auprès des chiffonniers du Caire (Égypte) ? Madeleine Cinquin, née le 16 novembre 2008 à Bruxelles. Entrée dans la congrégation de Notre-Dame de Sion en 1931 elle prend le nom de Sœur Emmanuelle. Elle est décédée le 20 octobre 2008 à Callian (Var).

« En chaque situation, nous cherchons la face de Dieu. Quelquefois, Il se révèle à nous dans le silence de la Contemplation où nous livrons gratuitement notre temps, nous tenant disponibles devant lui pour l’accueillir. D’autres fois, notre expérience de Dieu est intimement liée à la rencontre et au service des autres, quand nous partageons leurs angoisses et leurs joies. Sans jamais nous couper de leurs luttes, nous cherchons à contempler le mystère de l’amour sauveur de Dieu dans l’action de grâce et la bénédiction. » (Constitutions de la Congrégation Notre-Dame de Sion,  n° 53)   

À la congrégation de Notre-Dame de Sion. Née dans une famille aisée, Madeleine est traumatisée à l’âge de six ans par la mort accidentelle de son père sur la plage d’Ostende (Belgique). Elle a souvent expliqué que sa vocation de religieuse venait de cet événement. Le 6 mai 1929, elle est reçue comme postulante, sous le nom de Sœur Emmanuelle, dans la congrégation de Notre-Dame de Sion, créée en 1843 par les Frères Ratisbonne, Juifs convertis au catholicisme (rappel des origines juives d’une partie de sa famille). Après avoir prononcé des vœux définitifs le 10 mai 1931, elle mène une carrière de professeur de lettres et de philosophie dans les établissements scolaires de la congrégation à l’étranger : en Turquie, en Tunisie et en Égypte. Elle y fréquente la haute société locale, mais reste insatisfaite du manque de sensibilité de beaucoup de gens pour la condition des pauvres qui les entourent. Aussi, à l’âge de la retraite en 1971, Sœur Emmanuelle décide de s’installer auprès des chiffonniers du Caire, dans le bidonville d’Ezbet-El-Nakhl, avec l’autorisation de la congrégation.   


Aux côtés des chiffonniers. « Chiffonnière parmi les chiffonniers », comme elle se nomme dans le titre de son premier livre en 1977, elle met un peu de temps à découvrir les lieux, à s’adapter à la vie rude de l’immense bidonville et à se faire accepter par les populations pauvres, sans éducation, qui passent leur existence dans de terribles conditions de saleté à trier et à récupérer les déchets de la capitale égyptienne. Elle consacre toute son énergie à tenter d’améliorer la situation globale de la population, en construisant des écoles, des jardins d’enfants et des dispensaires, grâce aux dons qu’elle obtient par sa connaissance de la bourgeoisie égyptienne. Elle utilise bientôt sa notoriété croissante pour voyager autour du monde dans le but de sensibiliser les gouvernants à sa cause et de collecter des fonds, avant de revenir en France en 1993 pour une retraite bien méritée. Elle n’oublie pas non plus l’éducation religieuse de ces populations délaissées, en majorité des chrétiens coptes. Le projet de Sœur Emmanuelle n’est en effet pas seulement social, mais profondément spirituel. En particulier, elle développe une relation privilégiée avec Marie. « Cette spiritualité de cœur à cœur avec la Vierge a été mon phare depuis le noviciat. Marie est une des sources – la plus limpide – du bonheur de ma vie », dira-t-elle un jour.   

Marie, le secret du bonheur de sa vie. Dans son testament spirituel, Sœur Emmanuelle y révèle le secret de son énergie, de sa persévérance au service des plus pauvres et de sa joie : « Dès mon entrée en religion en 1931, je me suis confiée, corps et âme, à la Vierge pour qu’elle me garde fidèle. Elle l’a fait et comment ! Remerciez-la avec moi ! Yalla ! En avant ! C’est passionnant de vivre en aimant ! » 

Dans un de ses livres elle écrit : « Grâce à la formation que j’ai reçue, Marie est devenue l’âme de mon âme, la respiration de mon être. Elle m’a littéralement sauvée de la révolte et du désespoir devant la souffrance et la mort… J’ai relaté comment dans les moments de crise, je m’accrochais à son visage de Pietà, torturé par la mort de son fils, mais jamais désespéré. Elle croit, elle, à la Résurrection ! » 

« Marie, affranchie de toute convoitise, me libère. Sereine dans la douleur, elle m’apaise. Ne respirant qu’amour, elle m’entraîne. Selon le conseil de Béatrice à Dante, je coule mon regard dans le sien : Dieu se révèle de plus en plus comme Père et chaque homme comme frère, chaque femme comme sœur. » 

« Le Rosaire, chaque jour médité, m’emporte dans ce mystère terrible et doux qui fait vaciller la raison. J’offre cette prière comme un cantique d’amour d’un enfant à sa mère. Marie me fait comprendre que son fils, qui n’a pas hésité à partager jusqu’à la mort les douleurs de l’humanité… En faisant glisser les grains du chapelet sous mes doigts, la vie du Christ se déroule à travers tourments et joies pour éclater dans un éblouissement de gloire. » 


Le chapelet : son arme. Un journaliste lui demanda un jour, alors qu’elle était dans sa maison de retraite à Callian (Var) où elle est décédée : « À quoi pensez-vous le matin en vous réveillant ? ». Elle répondit : « À la belle journée d’amour que je vais passer avec le Seigneur et avec les autres. J’ai eu une vie comblée sans grands problèmes : je respire l’amour, je l’aspire et je l’expire… Je dis calmement mon chapelet car je n’ai plus la force de me concentrer, je suis trop fatiguée, or le chapelet ne me fatigue pas : je peux donc dire dix “Je vous salue Marie” tout en laissant travailler mon imagination, et voir devant mes yeux l’“Annonciation” de Fra Angelico, dont je me représente la magnifique toile. Ainsi, je la chante dans mon cœur et quand, par exemple, je pense à “La Visitation”, je vois la Vierge qui trotte jusqu’à Dieu… » 

Son chapelet est devenu son arme… « Ce chapelet, je le dis toute la journée, je le dis pendant la nuit. Pendant que mes doigts font défiler les grains, je médite facilement toutes les étapes du mystère de la vie du Christ, parce que je peux les imaginer, et imaginer la présence de la Vierge à chacune d’elle, intercédant elle-même auprès de son fils pour les pauvres et pécheurs que nous sommes, et moi avec elle. » 

Elle dira encore : « Reste debout auprès des cadavres que la terre engloutit chaque jour, avec la Vierge, la Vierge du Vendredi saint qui présente au Père son Fils mort pour qu’il le ressuscite. Entre dans son espérance et sa prière, offre avec elle au Père tous les morts de la terre : ils ressusciteront avec le Christ. Ne dors pas, Emmanuelle, ne laisse pas s’éteindre la flamme. » 
Prier avec Sœur Emmanuelle. Avec la « petite Sœur des chiffonniers », nous pouvons prier « Notre Dame de tous les jours » : 

« Il y eut, c’est vrai, Notre Dame, la visite de l’ange, la joie d’Élisabeth, les bergers, les mages et le vin de Cana. Mais il y eut, Notre Dame, et durant tant d’années, la vie de tous les jours, les soucis de toutes les mamans, les travaux de toutes les épouses, dans un petit village méprisé… Mais il y eut, Notre Dame, tant d’amour : en tant d’humbles services, en tant de psaumes sans cesse répétés, en tant de gestes toujours à refaire : la vraie vie, Notre Dame… Une vie qui préparait ton offrande au Calvaire et ta présence à l’Église naissante : ces grands moments de ton amour, Notre Dame, avant la gloire et le repos près de ton Fils… Prie pour nous, Notre Dame, au jour le jour de nos petits quotidiens, jusqu’au grand jour de notre rencontre ! Amen ! »

Extrait de Marie de Nazareth

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